Bienvenue dans ce nouvel épisode de la série « MoneyTalk », la série qui décrypte le langage bien particulier de ce monde complexe qu’est la finance. Vous avez raté le précédent épisode, aucun soucis c’est pas là : La série MoneyTalk !
Rappelons le principe : 10 mots tirés du monde de la finance, de l’investissement, de l’entreprenariat, etc., accompagnés d’une explication claire qui vous permettra de dire « OK, j’ai compris ». Et si la définition du mot n’est pas suffisante, des exemples seront là pour donner un peu de clarté.
C’est parti !
Être liquide
« Qui est clair, dégagé de toute hypothèque ou charge; qui peut être intégralement réalisé. / Disponible immédiatement »
LALANGUEFRANCAISE.com
Définition
Non, vous ne devenez pas une bassine d’eau tiède. Ni froide d’ailleurs. Le terme « être liquide » dans le monde de la finance fait référence à la capacité d’une entreprise, d’un individu ou d’un investisseur à convertir rapidement ses actifs en liquidités, c’est-à-dire en espèces ou en instruments financiers facilement échangeables contre des espèces. En d’autres termes, être liquide signifie avoir suffisamment de ressources financières disponibles pour répondre rapidement aux besoins financiers immédiats, tels que le remboursement d’une dette, l’achat d’une opportunité d’investissement, ou tout autre besoin imprévu. La liquidité est donc un élément important de la santé financière et de la capacité d’une entité à faire face aux fluctuations économiques.
Exemples
Une entreprise qui a beaucoup d’actifs, mais qui a du mal à convertir rapidement ces actifs en liquidités pour payer ses dettes, est considérée comme peu liquide. Si elle possède une grande quantité de stocks, mais qu’elle ne parvient pas à les vendre rapidement, elle peut avoir du mal à payer ses fournisseurs ou ses employés.
Un investisseur qui possède des actions liquides, c’est-à-dire des actions qui peuvent être rapidement achetées et vendues sur le marché, peut rapidement convertir ces actions en liquidités en cas de besoin.
Une banque doit être liquide pour répondre aux demandes de retrait des dépôts de ses clients. Si une banque ne dispose pas d’assez de liquidités pour répondre à ces demandes, elle peut être forcée de fermer ses portes. Par conséquent, les banques sont tenues de maintenir un niveau minimum de liquidité pour faire face aux demandes de leurs clients.
Shorter
« Un « short » est une position vendeuse sur un actif financier, c’est-à-dire que l’investisseur anticipe une baisse de son prix. »
TRADINGSAT.com
Définition
Le terme « shorter » est une expression qui désigne une technique d’investissement qui consiste à parier sur la baisse du prix d’un actif financier, tel qu’une action, une devise ou une matière première.
Plus précisément, lorsque l’on « shorte » un actif financier, on emprunte cet actif et on le vend immédiatement sur le marché dans l’espoir que son prix baissera à l’avenir. Si le prix de l’actif baisse effectivement, l’investisseur peut racheter cet actif à un prix inférieur pour le restituer à son propriétaire initial, en empochant au passage la différence de prix comme bénéfice.
Cette technique est souvent utilisée par les investisseurs pour spéculer sur des actifs qui sont surévalués ou qui présentent des signes de faiblesse financière. Cependant, cette technique comporte également des risques importants, car si le prix de l’actif augmente plutôt que de baisser, l’investisseur peut subir des pertes importantes et doit racheter l’actif à un prix plus élevé pour le restituer à son propriétaire initial.
Exemples
Un investisseur pense que l’action d’un l’entreprise ORANGE est surévaluée à 10 € par action. Il « shorte », emprunte, 50 actions de cette entreprise, qu’il vend immédiatement sur le marché pour un total de 500 €. Si le prix de l’action baisse à 8 €, il rachète les 50 actions pour 400 € et les restitue à leur propriétaire initial. Il réalise alors un bénéfice de 100 €.
La bulle
« On parle de bulle spéculative lorsque le prix d’un actif augmente de manière excessive, au-delà de sa valeur intrinsèque »‘On parle de bulle spéculative lorsque le prix d’un actif augmente de manière excessive, au-delà de sa valeur intrinsèque »
ABC-ECONOMIE.BANQUE-FRANCE.fr
Définition
Dans le monde de la finance, le terme « bulle » fait référence à une situation où le prix d’un actif (par exemple, une action, une obligation, une crypto-monnaie, une propriété immobilière) est surévalué par rapport à sa valeur réelle, ce qui peut mener à une correction brutale et à une chute rapide des prix.
Les bulles se forment généralement lorsque les investisseurs sont trop optimistes quant à l’avenir d’un marché ou d’un secteur particulier et qu’ils continuent à acheter des actifs à des prix de plus en plus élevés. Cette hausse des prix peut être alimentée par une forte demande, des spéculations, une réglementation laxiste ou une innovation technologique.
Cependant, tôt ou tard, la croissance des prix ne peut plus être soutenue par les fondamentaux économiques sous-jacents et la bulle éclate, entraînant souvent des pertes financières importantes pour les investisseurs qui ont acheté à des prix élevés. Nous pouvons citer des exemples assez récents.
Exemples
La bulle immobilière : Entre 2002 et 2007, les prix de l’immobilier ont augmenté de manière exponentielle dans de nombreux pays, notamment aux États-Unis et en Espagne. Les investisseurs ont acheté des propriétés à des prix élevés, en pensant qu’ils pourraient les revendre à profit. Cependant, lorsque la crise financière mondiale a frappé en 2008, les prix de l’immobilier se sont effondrés, laissant de nombreux investisseurs avec des propriétés invendables et des dettes importantes.
La bulle des crypto-monnaies : Au cours des dernières années, les crypto-monnaies ont connu une croissance exponentielle, avec des investisseurs achetant des bitcoins, des ethers et d’autres devises numériques à des prix de plus en plus élevés. Cependant, certains experts ont averti que les crypto-monnaies sont surévaluées par rapport à leur valeur réelle et qu’une correction brutale est inévitable. En effet, en avril 2021, le prix du bitcoin a chuté de près de 50% par rapport à son niveau record de 64 000 dollars en mars 2021.
Un hedge
« Un hedge (ou opération de couverture) est un investissement ou un ordre destiné à réduire votre exposition au risque. Le processus de réduction du risque par le biais d’investissements est appelé le hedging. »
IG.com
Définition
Le terme « hedge » en finance signifie simplement une stratégie qui vise à réduire les risques d’un investissement en prenant une position qui compense les pertes potentielles sur un autre actif. Par exemple, un investisseur peut acheter une option de vente pour se protéger contre une baisse des prix des actions qu’il détient. Cela permet de limiter les pertes éventuelles.
Le « hedge » est souvent utilisé par les investisseurs professionnels, les fonds spéculatifs ou les grandes institutions financières pour réduire les risques liés à leurs portefeuilles d’investissement. Cette stratégie peut également être utilisée par les particuliers pour se protéger contre les risques de fluctuation des taux de change ou des taux d’intérêt.
Exemples
Exemple 1 : Un investisseur achète 100 actions d’une entreprise pour 10 000 €. Pour se protéger contre une baisse du marché, il achète également une option de vente pour 200 €, qui lui permet de vendre ses actions à un prix fixé à l’avance. Si le marché baisse et que ses actions perdent de la valeur, l’option de vente lui permettra de limiter ses pertes en vendant ses actions à un prix garanti.
Exemple 2 : Une entreprise souhaite se protéger contre la fluctuation des taux de change entre l’euro et le dollar. Elle peut utiliser une stratégie de « hedge » en contractant un swap de change avec une banque. Par exemple, si l’entreprise prévoit d’acheter 1 million de dollars dans six mois, elle peut conclure un swap qui lui permettra de fixer le taux de change à l’avance, limitant ainsi le risque de fluctuation des taux.
Paradis fiscal
« Un paradis fiscal est un pays ou territoire avec certaines fiscalités et règlementations réduites ou même parfois nulles. »
WIKIPEDIA.fr
Définition
Le terme « paradis fiscal » fait référence à un pays ou une juridiction qui offre des avantages fiscaux importants pour les entreprises et les particuliers étrangers. Ces avantages peuvent inclure des taux d’imposition très bas, des lois fiscales peu contraignantes et des réglementations bancaires laxistes, ce qui en fait un lieu attrayant pour les investisseurs cherchant à minimiser leurs impôts ou à dissimuler leur argent.
Cependant, ces juridictions sont souvent considérées comme des centres de blanchiment d’argent, de fraude fiscale et de corruption, ce qui en fait un sujet controversé dans le monde de la finance. De nombreux gouvernements ont mis en place des mesures pour lutter contre les paradis fiscaux et réduire l’évasion fiscale, mais le problème persiste dans certaines régions du monde.
Exemples
Exemple 1 : Les Îles Caïmans sont considérées comme un paradis fiscal car elles ne prélèvent pas d’impôt sur les sociétés et ne divulguent pas les informations financières de leurs clients. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), en 2020, les Îles Caïmans ont hébergé plus de 100 000 entités juridiques, ce qui en fait l’un des centres financiers offshore les plus importants du monde.
Exemple 2 : La Suisse est également considérée comme un paradis fiscal, en particulier pour son secret bancaire. En 2018, l’administration fiscale suisse a révélé que les comptes bancaires détenus par des étrangers en Suisse contenaient près de 1,4 billion de dollars.
Optimisation fiscale
« L’optimisation fiscale vise à réduire l’imposition et s’appuie de manière naturelle sur des mécanismes d’évasion fiscale, c’est-à-dire une organisation qui n’est pas illégale mais utilise les marges.«
ECONOMIE.GOUV.fr
Définition
L’optimisation fiscale est une pratique légale qui consiste à utiliser toutes les possibilités offertes par la loi pour réduire le montant des impôts à payer, en limitant les charges fiscales et en maximisant les profits. Elle est souvent utilisée par les entreprises multinationales pour minimiser leurs coûts fiscaux et augmenter leur rentabilité.
Cette pratique peut être réalisée de différentes manières, comme la création de filiales dans des pays où les taux d’imposition sont faibles, l’utilisation de régimes fiscaux avantageux ou encore l’utilisation de stratégies de transfert de bénéfices entre différentes filiales d’une même entreprise.
Il est important de noter que l’optimisation fiscale est légale, mais que certaines pratiques peuvent être considérées comme agressives et controversées.
Exemples
Exemple 1 : Les multinationales peuvent localiser leur siège social dans des pays où la fiscalité est plus avantageuse. Par exemple, en 2021, Apple a été condamnée à payer 13 milliards d’euros d’arriérés d’impôts en Irlande, car la Commission européenne a considéré que la marque à la pomme avait bénéficié d’un traitement fiscal préférentiel de la part des autorités irlandaises.
Exemple 2 : Les particuliers peuvent investir dans des produits d’épargne défiscalisés, comme le PEA (Plan d’Epargne en Actions) ou l’assurance-vie, qui permettent de réduire l’impôt sur le revenu ou les droits de succession.
Exemple 3 : Les entreprises peuvent opter pour des régimes fiscaux spécifiques, comme le régime de la micro-entreprise ou le statut de JEI (Jeune Entreprise Innovante), qui permettent de bénéficier d’avantages fiscaux et sociaux.
Exil fiscal
« L’exil fiscal est une pratique visant à changer son domicile fiscal en effectuant un déménagement de sa résidence principale à l’étranger. L’objectif est l’allègement des charges fiscales en s’installant dans un pays où la fiscalité est moins lourde qu’en France. »
DROITFISCAL.net
Définition
L’exil fiscal est une pratique légale qui consiste à quitter un pays pour des raisons fiscales, souvent pour bénéficier de taux d’imposition plus faibles ou de régimes fiscaux favorables. Cependant, cet exil peut avoir des conséquences économiques et sociales pour le pays d’origine, en particulier la perte de recettes fiscales et le transfert de richesses vers d’autres juridictions fiscales.
Cette pratique est généralement utilisée par les personnes ayant des revenus élevés ou des patrimoines importants.Il convient de noter que l’exil fiscal n’est pas une pratique illégale en soi, mais peut parfois être utilisé pour des pratiques d’évasion fiscale ou de fraude fiscale, qui sont illégales.
Exemples
Exemple 1 : Un millionnaire français quitte la France pour s’installer en Suisse, pays qui offre une fiscalité plus avantageuse pour les personnes fortunées. En France, il aurait payé environ 45% d’impôt sur ses revenus, alors qu’en Suisse, il peut bénéficier d’un forfait fiscal qui lui permet de ne payer qu’une somme fixe chaque année, indépendamment de ses revenus réels.
Exemple 2 : Une entreprise américaine décide de transférer son siège social en Irlande, où le taux d’imposition sur les sociétés est l’un des plus bas de l’Union européenne (12,5%). En comparaison, le taux d’imposition sur les sociétés aux États-Unis est de 21%.
Exemple 3 : Un artiste belge quitte la Belgique pour s’installer aux Pays-Bas, où les droits d’auteur sont exonérés d’impôt. En Belgique, il aurait payé environ 50% d’impôt sur les revenus de ses créations, alors qu’aux Pays-Bas, il ne paye pas d’impôt du tout sur ces revenus.
TRI
« Le « taux de rendement interne » ou « taux de rentabilité interne » (TRI) est un indicateur de rentabilité financière utilisé par les investisseurs. Cet indicateur ne se limite pas aux investissements locatifs immobiliers, il permet de comparer théoriquement n’importe quel investissement. »
HORIZ.io
Définition
Le TRI est calculé sur le même principe que le TEG (Taux effectif global) qui caractérise le taux d’intérêt d’un emprunt bancaire. Seul le TEG permet de comparer entre eux plusieurs emprunts proposés par plusieurs banques. De la même façon le TRI permet de comparer plusieurs investissements entre eux.
Il faut tout de même garder à l’esprit que le TRI est plutôt adapté à évaluer si un investissement locatif est rentable et moins à comparer de façon sûre deux placements entre eux.
La formule pour le calculer est la suivante (attention, un peu de mathématique en vue) :

Le but est d’isoler la variable TRI pour connaître sa valeur. Il s’agit d’une résolution d’équation.
Exemples
Prenons l’exemple d’un d’entrepreneur faisant l’achat d’un site internet afin d’appuyer ses ventes. Ce site lui coûte 100€ et devrait lui rapporter 115€ au bout d’un an. Quel est la rentabilité de cet investissement ? Il apparaît évident de dire que celle-ci est de 15%. Ce taux de 15% n’est autre que le taux de rentabilité interne de cet investissement. En utilisant la formule du TRI citée plus haut, on obtient :

Taux d’endettement
« Le taux d’endettement correspond à la fraction des revenus nets mensuels que l’emprunteur peut consacrer au remboursement d’un crédit. »
CAFPI.fr
Définition
C’est un chiffre déterminant pour les banques car il leur permet de vérifier si l’emprunteur peut faire face au remboursement de son crédit.
Le calcul du taux d’endettement intervient dans le cadre de l’étude de faisabilité de toute demande de prêt immobilier. C’est un premier indicateur important que les banques peuvent ensuite affiner.
Si aucun texte de loi ne définit de taux maximum, le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF) établit périodiquement des recommandations. Elles fixent actuellement un taux d’endettement maximum à 35 % des revenus de l’emprunteur.
Un tiers des revenus consacré au remboursement d’un crédit immobilier semble raisonnable. Les banques estiment en effet qu’au-delà de 35%, un emprunteur pourrait rencontrer des difficultés pour rembourser son crédit.
La formule du taux d’endettement maximal est simple :
Taux d’endettement = montant du ou des crédits et charges fixes x 100 / revenus (salaires nets + autres revenus financiers)
Exemples
Exemple 1 :
| Poste de dépenses | Montant |
|---|---|
| Revenus | 4 000 € |
| Loyer | 1 000 € |
| Factures | 500 € |
| Crédit immobilier | 800 € |
| Crédit auto | 200 € |
| Total des dettes | 1 000 € |
Taux d’endettement = (Total des dettes / Revenus) x 100
Dans cet exemple, le taux d’endettement est de : (1 000 € / 4 000 €) x 100 = 25%
Exemple 2 :
| Poste de dépenses | Montant |
|---|---|
| Revenus | 5 000 € |
| Loyer | 1 200 € |
| Factures | 800 € |
| Crédit immobilier | 1 500 € |
| Crédit auto | 300 € |
| Total des dettes | 1 800 € |
Taux d’endettement = (Total des dettes / Revenus) x 100
Dans cet exemple, le taux d’endettement est de : (1 800 € / 5 000 €) x 100 = 36%
Effet de levier
« Par effet de levier, on désigne le recours à l’endettement pour accroître la capacité d’investissement d’un acteur économique : entreprise, organisme financier ou particulier. Le mécanisme permet d’acquérir une immobilisation d’une valeur supérieure à ce que l’acteur économique possède en actif monétaire. »
MANAGER-GO.com
Définition
L’effet de levier désigne l’utilisation de l’endettement pour augmenter la capacité d’investissement d’une entreprise, d’un organisme financier ou d’un particulier et l’impact de cette utilisation sur la rentabilité des capitaux propres investis. L’effet de levier augmente la rentabilité des capitaux propres tant que le coût de l’endettement est inférieur à l’augmentation des bénéfices obtenus grâce à l’endettement. Dans le cas inverse il devient négatif.
Exemples
Prenons par exemple le cas classique de l’achat d’un bien immobilier destiné à la location avec un apport personnel de 20 % et un emprunt de 80 % de la valeur du bien acheté. Le levier est de 4 (80/20). L’effet levier sera positif si le loyer perçu est supérieur aux charges de l’emprunt et si le prix du logement augmente permettant de réaliser des plus-values à la revente. Mais si le propriétaire n’arrive plus à louer et si le prix des logements chute, l’effet de levier sera négatif et il peut devenir catastrophique comme cela s’est passé avec les emprunts subprimes aux États-Unis.
En effet, si l’emprunteur n’est plus en mesure de régler ses mensualités d’emprunt, son bien sera saisi et vendu dans de mauvaises conditions, parfois moins cher que le montant de l’emprunt qui reste à rembourser.
Le mot de la fin
L’épisode 2 de notre série « MoneyTalk » est terminé. Vous avez pu voir et comprendre une dizaine de mots supplémentaires tirés du monde la finance. Nous espérons que ce format vous plaît qu’il saura vous aider efficacement dans la maîtrise de ce milieu aussi intéressant que complexe.
D’autres épisodes sont en préparation ! N’hésitez pas à proposer des mots en commentaire, nous les aborderont lors des prochains articles épisodes.
À bientôt !
